Civisme alimentaire

« Construire l’Afrique à partir de ses terroirs  », interpelle les acteurs dynamiques endogènes et nous engage à analyser les conditions d’une décentralisalisation efficiente et génératrice de développement local durable. Le terroir renvoi à une unité de base géographique, économique, socioculturel qui devrait être pris en compte dans la définition des stratégies et la planification de l’entreprise de développement sans préjudice pour l’unité territoriale politico-administrative qu’est la communauté rurale ou la commune. L’intercommunalité doit, à cet égard, être davantage explorée pour consolider les avantages comparatifs en vue de promouvoir les investissements nécessaires au développement économique local.

Une telle approche ouvre la voie à un aménagement du territoire fondé sur  des ensembles homogènes et disposant du potentiel nécessaire pour asseoir les bases d’un développement local durable à partir des terroirs. Dans cette optique, le riz de la Casamance, celui de la vallée, le mil souna et l’arachide du Sine -Saloum, le niébé du Ndiambour, le Ndiakhnat (sorgho) du Walo et du Fouta, le kossom (lait) du Jolof, le poisson du Cap-Vert et de la petite côte, le maïs, le manioc, le fonio, seront au cœur de processus socio-économiques de valorisation des produits locaux à grande échelle. Ces dynamiques permettront au Sénégal de lutter de manière efficiente contre la pauvreté et les inégalités entre l’espace rural et les centres urbains tout en réunissant les conditions d’une souveraineté alimentaire. Dès à présent, il faut s’inscrire dans cette perspective en posant les actes nécessaires en vue de « Bien Nourrir pour Bien Eduquer » et « Bien Eduquer à Bien se Nourrir ».

La nourriture est également un processus culturel. Pour nourrir l’Afrique, à partir de ses terroirs, il faut donc changer les paradigmes des politiques alimentaires, qui sont fortement influencées par les banques commerciales qui financent les importations au détriment des investissements dans la production, la transformation et l’accès au marché local, national, sous régional et régional. Cependant, il ne suffit pas seulement d’accroitre la production, pour refonder les habitudes de consommation, il est tout aussi nécessaire d’impulser des dynamiques de réappropriation des patrimoines culturels alimentaires en valorisant les produits des terroirs, et en impulsant un CIVISME ALIMENTAIRE AGRESSIF ET FRANC pour un développement économique et une paix sociale durable.

OUI NOURRIR L’AFRIQUE A PARTIR DE SES TERROIRS EST POSSIBLE !